Gaston-Armand Amaudruz – Rétablir la liberté d’expression et proposer des remèdes

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Gaston-Armand Amaudruz - Rétablir la liberté d’expression et proposer des remèdes
Bocca della verita. Nicolas-Mirguet.

Rétrospective Gaston-Armand Amaudruz

SÉRIE – Editorial de G.-A. Amaudruz paru dans l’édition de mai 2014 de la revue nationaliste suisse Courrier du Continent, No 558, sous le titre « Face au bras de fer mondial ».

Les problèmes politiques modernes dépassent de beaucoup, parce que négligés, les capacités disponibles pour les résoudre. La survie des communautés humaines dépend d’options à très long terme, excédant les moyens d’une génération qui, le plus souvent, n’arrive même pas à résoudre les défis de l’année en cours. Les naufragés, sur une île déserte, s’entendront mieux que les milliards d’égarés actuels…

Et pourtant, la seule certitude, c’est l’incertitude d’un monde déboussolé. Ceux qui pourraient ne savent pas, et ceux qui savent ne peuvent pas ; d’où le problème. Celui-ci consiste avant tout dans une aggravation permanente face à l’insuffisance des remèdes.

Ce que nous constatons : le progrès technique, appelé civilisation, consiste à remplacer une technique, pénible ou onéreuse, par une autre, aisée ou moins coûteuse. Et l’on observe : tout progrès technique se double d’une régression plus ou moins visible. Le chauffage central, entre autres inconvénients, fait perdre l’habileté à utiliser les fourneaux traditionnels. A un moment donné, le « progrès » s’emballe et des machines encore fonctionnelles vont à la casse, dépassées par un progrès plus grand, avant même d’être amorties. Il en est ainsi de la machine à écrire mécanique, remplacée d’abord par la machine à écrire électrique, puis très vite déclassée par les systèmes de traitement de texte informatisé. Ceci concerne une multitude d’autres inventions, aussitôt démodées à peine mise sur le marché. Le bilan global est désastreux, mais cela pousse à la consommation.

Ce processus, à côté de beaucoup d’autres, contribue à la chute brutale des civilisations, survenant le plus souvent juste après leur apogée. Jusqu’ici, aucun remède : les civilisations, mortelles, naissent et meurent, sans que l’on puisse intervenir autrement qu’en multipliant les effets d’annonce et les réformes virtuelles : un constat sans appel d’impuissance d’autant plus inquiétant que notre siècle, quant à lui, a pleinement conscience des enjeux.

Qu’y faire ? Problème ! Et par où commencer ? Seule solution : mieux étudier les questions, définir les mots, proposer des remèdes. Mais alors le premier postulat, c’est établir, ou rétablir la libre expression. L’actualité montre que voilà un travail de Sisyphe, indispensable pourtant. Autrement dit, la solution dépend de l’inspiration d’un homme et de l’aide de quelques-uns, avant de se propager en fonction de l’efficacité de la méthode. L’avenir sera toujours aux quelques-uns qui ne désespèrent jamais.

Pour que cela soit possible, il faut d’abord rétablir la liberté d’expression. Or, l’épreuve des faits a montré que rétablir celle-ci est un labeur ingrat et de longue haleine. Difficile d’espérer sans entreprendre et sans persévérer ! Des amis, des camarades, ont essayé de trouver un remède à la décadence : mais la rançon qu’exige la « civilisation » est un banco qui double aussitôt qu’on arrive à rassembler la mise, et ainsi de suite… Le problème est planétaire, et pourtant sa solution, si elle existe, réside avant tout en nous-mêmes. Le destin nous accordera peut-être encore quelques années, voire quelques décennies, mais il serait présomptueux de compter sur une trop grande miséricorde de sa part.

La machine « humanité », hors contrôle, s’est emballée ! Il semble même vain de tenter de conjurer la menace que présente la civilisation du progrès : il y a certainement mieux à faire qu’à employer son temps et son énergie à boucher des trous que d’autres s’empressent de creuser.

Dans l’incertitude, les évènements à venir joueront un rôle sélectif et donc décisif. Pour les peuples qui en subiront l’épreuve, l’alternative est simple et le résultat sera sans appel : survie ou disparition.

CdC No 558, mai 2014

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