La Pologne et les mensonges des Alliés

0
400

Paru dans Renegade Tribune

Par Eric Thomson avec la recherche de Paul Norris (2000)

La Pologne et son malheureux peuple avaient largement rempli leur mission en devenant le prétexte pour la Grande-Bretagne et à son allié français réticent à déclarer la guerre à l’Allemagne en 1939. Comme le souligne l’historien David Irving, l’objectif de guerre prétendu de la Grande-Bretagne était initialement la “défense de la souveraineté polonaise”. Bien sûr, il avait été convenu avant 1939 que la Grande-Bretagne et la France n’interviendraient pas si l’Union soviétique violait la souveraineté polonaise, comme ce fut le cas quelques semaines après l’attaque préventive allemande contre la Pologne. Mais, contrairement au Maure de Shakespeare, les Polonais ne sont pas partis. Même après le massacre casher de quelque 15 000 membres du corps des officiers polonais, les Polonais et leurs intérêts nationaux sont restés. En fait, c’est ce massacre soviétique des Polonais à Katyn qui a servi à souligner aux Polonais leur sort probable sous la domination soviétique/khazar. C’est là qu’ont germé les germes d’une alliance entre la Pologne et l’Allemagne. En 1943, le gouvernement britannique s’inquiétait en effet des indications selon lesquelles les Polonais voudraient peut-être faire passer les intérêts polonais avant ceux de la communauté bancaire mondiale.

Le 10 août 1943, W.D. Allen, du Département central du Foreign Office britannique, écrit clairement au chef du Département du renseignement politique du Foreign Office :

“Suite à notre conversation de ce matin, je joins en annexe un document qui se voulait avant tout un aide-mémoire au sein de notre section et qui, par conséquent, peut contenir quelques déclarations assez évidentes. Néanmoins, c’est une image très précise des motifs de suspicion que je vous ai mentionnés ce matin… Permettez-moi d’insister vivement sur la nécessité de ne pas laisser entendre à vos contacts polonais vos soupçons sur cette question… car s’ils estimaient qu’il y avait une fuite d’informations par notre intermédiaire sur leurs propres craintes et soupçons, cela mettrait fin aux futures négociations entre nous et eux.”

Le mémorandum d’accompagnement porte la mention “Most Secret” et s’intitule “POLISH GERMAN COLLABORATION”. Cela commence ainsi :

« L’objectif de ce document est d’attirer l’attention sur la situation qui existe actuellement en Pologne et sur le danger que les Allemands puissent réussir à mettre en place un régime collaborationniste au sein du gouvernement général. A aucun moment depuis l’occupation, une telle éventualité n’a été considérée comme possible jusqu’à présent, mais la détérioration récente de la situation donne à penser que cette possibilité devrait être sérieusement prise en considération… Contexte : (1) Le ressentiment contre la Russie soviétique a longtemps été intense et pratiquement universel parmi les Polonais en Pologne. Au fur et à mesure que la puissance militaire allemande semble s’affaiblir, la possibilité d’une collaboration sera probablement plus grande, et pas moins si la peur de l’occupation (sic) russe augmente. (2) La propagande antisoviétique allemande a été et est en accord avec les sentiments de la grande majorité du peuple polonais à qui elle s’adresse. (3) La population en général et les dirigeants responsables estiment que la propagande et les activités subversives soviétiques et communistes en Pologne ont pour but de perturber le pays, de sorte qu’après la défaite de l’Allemagne, il sera incapable d’offrir une résistance efficace à la domination soviétique…”.
« Preuve de la situation critique actuelle : (1) Depuis l’affaire (sic) de Katyn, les Allemands ont pour la première fois obtenu la collaboration de journalistes polonais responsables dans leur campagne de presse contre la Russie soviétique. Des délégations de plusieurs organismes polonais responsables se sont rendues à Katyn sous les auspices de l’Allemagne. (2) La presse clandestine polonaise se concentre de plus en plus sur les attaques acharnées contre la Russie soviétique et contre les activités subversives menées en Pologne et encouragées par la Russie soviétique. (3) Le ton de nos contacts responsables au sein du ministère polonais de l’Intérieur a sensiblement changé ces dernières semaines… Ils sont évidemment nerveux face aux effets inévitables de la récente campagne antisoviétique allemande sur une population “sans orientations politiques appropriées” (sic). Il semble clair que s’ils ont confiance dans l’attitude des organisations de résistance, ils s’inquiètent maintenant de la possibilité que ces organisations perdent une partie de leur soutien populaire et que l’on trouve des individus dont la peur et la haine de la Russie sont suffisamment fortes pour les inciter à collaborer officiellement avec les Allemands, au point de s’opposer en tout cas à la Russie (sic). (4) Depuis l’affaire Katyn, les accusations russes (sic) de collaboration entre les Polonais au sein du gouvernement général, bien que malveillantes, ont été spécifiques et donnent l’impression qu’il y a un certain degré de fait derrière cette exagération. (5) Frank[le gouverneur général allemand de la Pologne occupée] a récemment déclaré qu’il espère faire du gouvernement général un État satellite modèle. C’est de la propagande destinée à anticiper le cours probable des événements. (6) La Krakauer Zeitung du 24 juillet fait état d’une réunion entre le gouverneur général Frank et le président et le directeur du Conseil général polonais du bien-être social “pour discuter de la situation générale de la population polonaise, en particulier des événements dans le district de Lublin”. (7) Un rapport de l’I.P.W. de Stockholm affirme ingénument que “les Allemands commencent à mettre en place un gouvernement polonais Quisling. Ce plan résulte d’une propagande réussie sur les fosses communes de Katyn. Au vu de ce qui précède, il semble qu’il existe une forte possibilité qu’une sorte de gouvernement Quisling soit mis en place en Pologne, soutenu par (a) les dégénérés de Varsovie ; (b) les Polonais véritablement patriotes qui craignent avec passion la menace russe (sic) plus que tout autre chose dans le monde.”

L’astuce était de garder la Pologne assez forte et assez déterminée pour combattre les Allemands, mais pas pour combattre les Soviétiques. Jusqu’à présent, l’armée secrète polonaise avait bien servi les intérêts des Britanniques et des Soviétiques par la guérilla, le sabotage et l’espionnage contre l’effort de guerre allemand en Pologne. Il est même mentionné dans un rapport de l’Armée secrète polonaise que des agents aidaient à propager la maladie mortelle du typhus. Les unités militaires polonaises servant au sein des forces britanniques et des forces dites françaises libres devaient également être apaisées afin que leur peur et leur aversion pour les Soviétiques puissent être mises à l’arrière-plan en toute sécurité.

En plus de ces priorités pressantes, le Special Operations Executive pour l’espionnage, le sabotage et l’organisation terroriste britanniques, se plaignait dans sa correspondance avec le Psychological Warfare Executive britannique ou le ministère de la propagande que leurs cellules d’agents étaient détruites et neutralisées par des rafles de civils allemands pour des raisons de travail ainsi que de sécurité. Naturellement, de telles rafles ont le même effet sur l’Armée secrète polonaise et les Britanniques ont reçu de telles plaintes du gouvernement polonais en exil. Le 11 août 1943, dans une lettre adressée à W.D. Allen du ministère britannique des Affaires étrangères, le lieutenant-colonel Perkins du SOE écrit :

…Les déportations[c’est-à-dire les rafles] sont graves et affectent notre travail dans la mesure où les cellules du mouvement de résistance souterrain dans les zones touchées sont en grande partie liquidées, et où les matériaux que nous avons pu livrer sont également susceptibles d’être découverts. Si une forme quelconque de dissuasion pouvait être conçue, nous l’accueillerions favorablement… une forme possible de dissuasion serait une déclaration des Nations Unies selon laquelle les colons (allemands) seraient considérés, après la guerre, comme une forme de criminel de guerre, ayant pris possession de biens qu’ils savaient avoir été acquis illégalement.

Il était clair dès le début que le gouvernement britannique n’avait pas l’intention d’aider les Polonais avec un soutien militaire ou matériel. Les Polonais n’auraient que des mots, comme en 1939. Il ne restait plus qu’à décider quels mots allaient être choisis.

Dans un télégramme chiffré très secret daté du 22 août 1943 du ministre britannique des Affaires étrangères aux bureaux du Cabinet de guerre à Washington, il déclare :

J’ai mentionné à M. Hull[le secrétaire d’État américain], le 20 août, la demande du gouvernement polonais d’une déclaration anglo-américaine commune concernant les crimes allemands en Pologne occupée. M. Hull a admis qu’il avait reçu une demande similaire et qu’il l’examinerait, même s’il estimait qu’une telle déclaration n’était pas de nature à apporter une grande aide à la population polonaise.

Les propagandistes britanniques sont les auteurs de la déclaration alliée. C’était l’un des nombreux mensonges des Alliés et l’un des plus cyniques, car il était initialement conçu pour éclipser les atrocités soviétiques de Katyn en accusant les Allemands d’atrocités encore plus grandes, mais entièrement fictives, contre le peuple polonais. Les Polonais n’étaient pas susceptibles d’être trompés longtemps, mais il suffisait qu’ils restent trompés jusqu’à ce que le rouleau compresseur soviétique les ait écrasés. La complicité du gouvernement polonais en exil avec cette trahison contre le peuple polonais révèle à quel point il avait peu en commun avec le peuple qu’il prétendait représenter. Le 12 août 1943, le lieutenant-colonel Perkins du SOE reçut une lettre du Foreign Office britannique :

Le ministre polonais des Affaires étrangères m’a appelé ce soir et m’a demandé d’attirer l’attention du secrétaire d’État sur la suggestion faite par le gouvernement polonais de publier une déclaration condamnant la déportation allemande des populations de la Pologne centrale. On trouvera en annexe un procès-verbal de M. Allen sur ce point, ainsi que le projet de déclaration qui pourrait être télégraphié au Premier Ministre en vue de persuader le Président de se joindre à une déclaration commune…”.

La minute jointe de W.D. Allen commence :

Le gouvernement polonais a suggéré que le gouvernement de Sa Majesté publie une déclaration condamnant les déportations allemandes de la population de la Pologne centrale, qui, selon des informations récentes reçues de Pologne, sont en augmentation. Le gouvernement polonais espère qu’une telle déclaration recevra le maximum de publicité dans nos émissions en Pologne et en Allemagne, et qu’elle sera également utilisée dans des dépliants qui seront diffusés en Allemagne (en particulier, si possible, en Allemagne orientale) et, si possible, en Pologne également. Une demande similaire est adressée au Gouvernement des Etats-Unis… Le SOE serait donc favorable à toute forme de dissuasion qui pourrait être mise au point.”
Le P.W.E.[Psychological Warfare Executive] ne voit pas d’objection à ce qu’une publicité soit donnée à une déclaration et serait prêt à faire tout son possible pour donner effet aux propositions polonaises, sous réserve de limitations techniques et opérationnelles. Les déclarations que H.M.G.[le gouvernement de Sa Majesté] a faites dans le passé au sujet des atrocités allemandes en Pologne ont été faites au Parlement. Ils n’ont pas dépassé les promesses de représailles contre les responsables. L’effet dissuasif de ces déclarations semble avoir été négligeable et, si une nouvelle déclaration devait être faite, il serait utile qu’elle puisse indiquer que les actions menées par les autorités allemandes en Pologne seront, dans une certaine mesure, retenues contre l’Allemagne dans son ensemble… Les Polonais étaient au départ enclins à revenir à l’idée des représailles. Il leur a été clairement indiqué qu’il n’en est pas question. Une autre suggestion polonaise visant à mettre en garde la population polonaise contre une action prématurée sur le modèle de celle récemment diffusée en Grèce et en Yougoslavie est actuellement examinée séparément. Cela souleva des difficultés du point de vue soviétique.”

La déclaration ci-jointe de W.D. Allen, telle que modifiée par d’autres de son ministère, en date du 12 août 1943, est la suivante :

Des informations fiables sont parvenues au gouvernement de Sa Majesté concernant les crimes commis par les envahisseurs allemands contre la population de la Pologne. Depuis l’automne 1942, une ceinture de territoire s’étendant de la province de Bialystock vers le sud le long de la rivière Bug a été systématiquement vidée de ses habitants (dont des centaines de milliers ont été déportés de leurs maisons).”

Le projet de déclaration se poursuit :

En juillet 1943, ces mesures furent étendues à la quasi-totalité de la province de Lublin ainsi qu’aux provinces voisines de Radom et de Cracovie.” Note de la rédaction : cette phrase dactylographiée a été considérablement modifiée par l’empoisonneur qui l’a changée pour se lire comme suit 🙂

En juillet 1943, ces mesures ont été étendues à la quasi-totalité de la province de Lublin, où des centaines de milliers de personnes ont été déportées de leurs foyers ou exterminées.” Note de la rédaction : Les “centaines de milliers” réapparaissent dans le sac à malices des propagandistes, avec le mot “exterminé”, qui était totalement absent auparavant. La formulation est également volontairement trompeuse. Les mythiques “centaines de milliers” ont-ils été “déportés” ou “exterminés” ? Les espions du S.O.E. auraient-ils pu ne pas détecter un programme d’extermination impliquant des centaines de milliers de personnes ? C’est impossible. Aucune extermination n’a été mentionnée dans la correspondance du S.O.E. car il n’y en avait pas. Les Allemands déplaçaient les Polonais, pas les assassinaient.]

La version préliminaire de W.D. Allen se poursuit :

Ces mesures sont appliquées avec la plus grande brutalité. De nombreuses victimes sont tuées sur place. Les autres sont séparés. Des hommes de 14 à 50 ans sont emmenés travailler pour l’Allemagne. (Certains) enfants (tués sur place, d’autres) sont séparés de leurs parents et soit envoyés en Allemagne pour y être élevés en tant qu’Allemands, soit vendus à des colons allemands, soit envoyés avec les femmes et les vieillards dans des camps de concentration, où ils sont maintenant systématiquement mis à mort dans des chambres à gaz. Note de la rédaction : les mots entre parenthèses ont été ajoutés à l’original.] H.M. Le gouvernement réaffirme sa détermination à punir les instigateurs et les auteurs réels de ces crimes. Ils déclarent en outre que, tant que de telles atrocités continueront d’être commises par les représentants et au nom de l’Allemagne, elles devront être prises en compte au moment du règlement final avec l’Allemagne. Entre-temps, la guerre contre l’Allemagne sera poursuivie avec la plus grande vigueur jusqu’à ce que la tyrannie barbare des Hitlerites soit enfin renversée.”

Nous trouvons donc ici les étonnantes “chambres à gaz”, qui émanent comme le proverbe “deus ex machina” d’une machine à écrire du ministère britannique des Affaires étrangères. Mais regardez attentivement, car vous êtes sur le point de voir un autre tour de passe-passe.

Il est à noter que l’inclusion arbitraire de “centaines de milliers” de Polonais dans les catégories “déportés” OU “exterminés” pourrait servir à éclipser les quelque 15 000 “simples” Polonais tués par les Khazars soviétiques à Katyn. Le 26 août 1943, le ministère britannique des Affaires étrangères a télégraphié à Moscou pour lui demander de faire une déclaration similaire condamnant “l’extension de la campagne allemande de massacres et de déportations massives contre la population de Pologne” au nom du gouvernement polonais. Mais les Soviétiques, apparemment, se souciaient peu de ce que les Polonais ou le monde pensaient des atrocités allemandes présumées. Après tout, les Soviétiques avaient déjà imputé les massacres de Katyn aux Allemands et continuaient lamentablement à le faire après 1945, ” essayant ” et exécutant même les ” auteurs allemands ” présumés, sans convaincre personne de l’innocence soviétique. En tout cas, les Soviétiques n’avaient pas peur de la justice, parce qu’ils savaient pour qui les Alliés avaient travaillé.

Ce n’est donc que le 31 août 1943 que le télégramme suivant arrive de Moscou : “Molotov a répondu que le Gouvernement soviétique était empêché par manque de temps d’examiner le projet de déclaration et la proposition de publication simultanée par eux d’une communication similaire. L’attitude du gouvernement soviétique à l’égard de la responsabilité des Hitlériens pour les crimes commis en territoire occupé avait déjà été définie dans un certain nombre de notes et dans une déclaration spéciale du 14 octobre dernier (voir mon télégramme n° 250) faite à propos de leur déclaration concernant neuf pays occupés dont la Pologne”. Les Soviétiques préféraient leurs propres mensonges.

Pendant ce temps, de retour aux “chambres à gaz” ou même aux machines à écrire du Foreign Office britannique, tous étaient satisfaits de leur exercice créatif d’écriture. Le Gouvernement polonais en exil était pleinement d’accord avec le texte de la déclaration, comme W. D. Allen l’avait conseillé à Sir Owen O’Malley, ambassadeur britannique en Pologne, dans une note datée du 20 août 1943. Le 27 août, la déclaration avait été diffusée au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Afrique du Sud, en Australie, en U.S.A. et en U.R.S.S.S. Tous étaient prêts à cracher à l’heure et au jour prévus, lorsque les mensonges seraient proclamés au monde.

Mais un homme, M. Cavendish-Bentinck, un haut fonctionnaire des services de renseignements britanniques, était “un peu mécontent de la déclaration[Note de la rédaction aux lecteurs américains : cela signifiait qu’il était extrêmement mécontent], qui devait être publiée sous l’autorité du gouvernement de Sa Majesté, que les Polonais “sont maintenant systématiquement mis à mort dans les chambres à gaz”. Vous pouvez imaginer la consternation des pisse-copies du ministère des Affaires étrangères et de leurs chefs lorsqu’ils ont reçu cette “fusée” sous la forme d’une note datée du 27 août 1943. La déclaration télégraphiée des ” chambres à gaz ” avait été envoyée à toutes les autorités alliées le 27 août ! Comme ils ont dû tous haïr cet “homme horrible” qui menaçait de ruiner leur jeu avec sa froideur exaspérante. La note de service de Cavendish-Bentinck se poursuit :

Les deux seules références que j’ai pu trouver… qui traitent de cette forme d’exécution sont les suivantes : (1) Télégramme du 17 juillet 1943 de Pologne. “Le commandant en chef des forces armées du district de Lublin m’a informé qu’il avait la preuve que certaines de ces personnes sont assassinées dans des cellules à gaz là-bas” (camp de Majdanek). (2) Télégramme du 17 juillet 1943 de Pologne “Il a été constaté que les 2 et 5 juillet deux transports de femmes, d’enfants et de vieillards, composés de 30 wagons chacun, ont été liquidés dans des cellules à gaz”. On notera que le premier des rapports ne donne aucune indication sur la date de l’événement, ni sur le nombre de personnes concernées ; le second est silencieux quant au lieu et à la source. Il est vrai qu’il y a eu des références à l’utilisation de chambres à gaz dans d’autres rapports ; mais ces références ont généralement, sinon toujours, été aussi vagues et, puisqu’elles concernaient l’extermination des Juifs, elles émanaient généralement de sources juives. Personnellement, je n’ai jamais vraiment compris l’avantage de la chambre à gaz par rapport à la mitrailleuse plus simple, ni la méthode tout aussi simple de la famine…”

Cavendish-Bentinck savait sans doute que les dirigeants soviéto-kazakhs de l’ancien Empire russe avaient utilisé la famine de masse comme arme contre les Ukrainiens dans les années 1930 et que les coups de feu avaient servi à tuer les officiers polonais à Katyn. La famine sera à nouveau utilisée par les Soviétiques et aussi par les Américains pour assassiner des millions d’Allemands après la reddition de l’Allemagne en 1945. La technologie des chambres à gaz pour les exécutions, par opposition à l’épouillage, était bien connue aux États-Unis et était en usage depuis les années 1920. Si le gazage de masse était moins cher et plus efficace que le tir ou la famine, on soupçonne que cette méthode aurait été utilisée par les Soviétiques et les Américains au lieu des méthodes mentionnées précédemment.

Nous savons maintenant que les services secrets britanniques interceptaient et décodaient toutes les transmissions radio allemandes concernant les camps de travail et de concentration comme Auschwitz-Birkenau-Monowitz, Majdanek et al. et que les chambres à gaz n’étaient pas les moyens utilisés pour exécuter des prisonniers. Les Britanniques connaissaient également le nombre de détenus dans chaque camp, ainsi que le nombre de détenus transférés à l’intérieur et à l’extérieur des camps. Cavendish-Bentinck était sans aucun doute au courant de cette information et ne voulait pas que les Britanniques soient gênés par les réfutations allemandes. Les “chambres à gaz” doivent être conservées pour plus tard, lorsque les Allemands ne pourront plus se défendre….

La note de service de Cavendish-Bentinck se poursuit :

À mon avis, il est incorrect de qualifier les informations polonaises concernant les atrocités allemandes de “dignes de confiance”. Les Polonais, et dans une bien plus large mesure les Juifs, ont tendance à exagérer les atrocités allemandes afin de nous attiser. Ils semblent avoir réussi. M. Allen et moi-même avons suivi de très près les atrocités allemandes. Je ne crois pas qu’il existe des preuves qui seraient acceptées par un tribunal judiciaire que des enfants polonais aient été tués sur place par des Allemands lorsque leurs parents ont été déportés pour travailler en Allemagne, ni que des enfants polonais aient été vendus à des colons allemands. En ce qui concerne la mise à mort des Polonais dans les chambres à gaz, je ne pense pas qu’il y ait de preuves que cela ait été fait. Il y a eu beaucoup d’histoires à cet effet, et nous les avons présentées dans des rumeurs de P.W.E.[Psychological Warfare Executive] sans croire qu’elles avaient un fondement. Quoi qu’il en soit, il y a beaucoup moins de preuves qu’il n’en existe pour le massacre massif d’officiers polonais par les Russes (sic) à Katyn… Je pense que nous affaiblissons nos arguments contre les Allemands en donnant publiquement foi aux histoires d’atrocités pour lesquelles nous n’avons aucune preuve. Ces exécutions massives dans des chambres à gaz me rappellent l’histoire de l’utilisation de cadavres humains pendant la dernière guerre pour la fabrication de graisse, qui était un mensonge grotesque et a conduit à ce que les histoires vraies d’inimitiés allemandes soient balayées comme étant de la propagande pure. Je suis très triste de voir que nous avons besoin de singes russes (sic) et de parler de’Hitlerite’ – au lieu de’Allemand’.”

Les boutons de panique ont été pressés et des cordons d’urgence ont été tirés dans tous les ministères britanniques ce jour-là. Au bas du mémo de Cavendish-Bentinck se trouve le message griffonné de W.D. Allen : “J’en ai discuté avec M. Roberts. Il semble trop tard pour apporter des changements substantiels. Mais nous pourrions télégraphier à Washington et Moscou sur les lignes du projet amendé.” Tout au bas de la note de service se trouvent des notations dans deux autres mains : “Tels envoyé et M. Kulski informé.” “Le Premier ministre polonais a accepté le changement.” Ainsi, les “chambres à gaz”, qui n’existaient au départ que sur papier, disparaissaient d’un trait de plume.

Le 28 août 1943, les gouvernements du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud ont reçu des télégrammes secrets contenant le texte suivant : “Suivant le Premier ministre. Commence. Mon télégramme D n° 596 du 27 août. Déclaration concernant les atrocités allemandes en Pologne. Après réflexion, nous ne sommes pas convaincus que les preuves concernant l’utilisation des chambres à gaz soient suffisamment substantielles pour justifier l’inclusion dans une déclaration publique de la phrase de conclusion du paragraphe 2 du projet contenu dans mon télégramme D. No. 597 du 27 août et nous suggérons donc au Gouvernement des Etats-Unis que la phrase en question devrait se terminer dans des “camps de concentration”. Fin.”

Le 30 août 1943. Le Times of London a publié la déclaration sous sa forme finale ” approuvée ” :

“LES CRIMES ALLEMANDS EN POLOGNE

Un avertissement britannique

La déclaration suivante a été publiée hier par le ministère des Affaires étrangères :

Des informations dignes de foi sont parvenues au Gouvernement de Sa Majesté au Royaume-Uni concernant les crimes commis par les envahisseurs allemands contre la population de la Pologne. Depuis l’automne 1942, une ceinture de territoire s’étendant de la province de Bialystok vers le sud le long de la rivière Bug a été systématiquement vidée de ses habitants. En juillet 1943, ces mesures ont été étendues à la quasi-totalité de la province de Lublin, où des centaines de milliers de personnes ont été déportées de leur foyer ou exterminées.

Ces mesures sont appliquées avec la plus grande brutalité. De nombreuses victimes sont tuées sur place. Les autres sont séparés. Des hommes de 14 à 50 ans sont emmenés travailler pour l’Allemagne. Certains enfants sont tués sur place, d’autres sont séparés de leurs parents et envoyés en Allemagne ou vendus à des colons allemands – ou envoyés avec les femmes et les vieillards dans des camps de concentration.

Le Gouvernement de Sa Majesté réaffirme sa détermination à punir les instigateurs et les auteurs effectifs de ces crimes. Ils déclarent en outre que, tant que de telles atrocités continueront d’être commises par les représentants et au nom de l’Allemagne, elles devront être prises en compte au moment du règlement final avec l’Allemagne. Entre-temps, la guerre contre l’Allemagne sera poursuivie avec la plus grande vigueur jusqu’à ce que la tyrannie barbare hitlérienne soit enfin renversée.

De notre propre correspondant, New York 29 août

Le Département d’Etat américain a publié aujourd’hui une déclaration dans des termes similaires à la déclaration du gouvernement britannique concernant les crimes allemands en Pologne.”

Le lecteur vient d’observer, en regardant par-dessus l’épaule de quelques bureaucrates, pour ainsi dire, comment les “chambres à gaz nazies” ont été produites par un mémo interne émanant du Foreign Office britannique le 12 août 1943 et comment on les a fait “disparaître” par son intermédiaire le 28 août 1943. Bien sûr, les “rumeurs de chambre à gaz” propagées par le Psychological Warfare Executive britannique et al. faisaient leurs rondes espiègles, comme elles le sont aujourd’hui.

Après la défaite militaire de l’Allemagne, les “chambres à gaz” furent ressuscitées à Nuremberg, avec des canulars de propagande de type “savon humain”, “abat-jour de peau humaine”, etc. Tadeusz Cyprian, représentant adjoint de la Pologne auprès de la Commission des Nations Unies pour les crimes de guerre à Londres, a accusé les autorités allemandes d’exploiter des “camps d’extermination” à Treblinka, Belzec et Sobibor. L’accusation ne mentionne pas l’extermination des Polonais, car les Polonais ne dirigeaient plus la Pologne à cette époque. Seuls les Juifs étaient les victimes présumées : “Dans ces camps, les Juifs furent mis à mort par milliers[Note de la rédaction : pas par millions ?] par des méthodes jusqu’alors inconnues, de nouvelles chambres à gaz et à vapeur, ainsi que par le courant électrique employé à grande échelle.” Aucune mention n’est faite de ces “camionnettes à gaz” supposées omniprésentes, qui auraient par la suite été à l’origine de la plupart des “gazages”. Au lieu de “camionnettes à gaz”, nous avons des “chambres à vapeur” et même des “chambres électriques”. Étant donné qu’il s’agissait de “chambres à gaz” dont nous avons tant entendu parler, pourquoi n’en entend-on pas parler aujourd’hui ? Dans ce document, Treblinka est spécifiquement mentionné comme utilisant “des chambres à vapeur destinées à tuer en masse les Juifs en les étouffant”. Il décrit même les “chambres à vapeur” et les installations de chaudières, de sorte qu’il n’y avait ici aucune confusion entre les chambres “vapeur” et “gaz”. Les “chambres à vapeur” sont entrées dans le “trou de mémoire” orwellien avec les “chambres à gaz de Dachau”. Comme nous l’avons vu, tout peut être écrit sur papier, car “le papier est patient”.

REPRODUCTION LIBRE : Nous sommes des partenaires et non des rivaux. Réimprimez nos articles pour attirer un grand nombre de lecteurs sur votre blog d’actualités.

Réagissez à cet article en soumettant votre commentaire ci-dessous.

Vos partages nous permettent de continuer, merci !