Portraits d’Innocence : L’art sublime de William-Adolphe Bouguereau

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Portraits d'Innocence : L'art sublime de William-Adolphe Bouguereau

Par J. Belenger dans Renegade Tribune

William Adolphe Bouguereau (vers 1870)

Je voulais dire au revoir à cette année avec l’un des grands noms de l’histoire de l’art de tous les temps. Je prétends qu’en parlant de William-Adolphe Bouguereau (ᛉ 30 novembre 1825, ᛦ 19 août 1905), nous parlons d’un des ancêtres de la peinture hyperréaliste contemporaine telle que nous la connaissons de nos jours. C’était non seulement un artiste de premier plan étonnamment accompli, mais aussi un artiste extrêmement prolifique, comme j’ai pu le vérifier au cours de mes recherches d’images sur lui. A tel point que lors du choix des images pour la galerie, j’ai dû être très sélectif car le nombre d’éléments dans le dossier comptait quelque chose comme plus de 150, alors j’ai dû prendre seulement ceux que j’aimais le plus parmi les 800 œuvres qui ont été attribuées au grand artiste français. J’ai évité d’utiliser certains de ses célèbres tableaux mettant en vedette Jésus-Christ comme La Flagellation du Christ (1880) et Pietá (1876) bien que j’ai inclus quelques tableaux avec le thème Vierge Marie et enfant, juste pour le simple fait que ce sont des œuvres d’art extraordinaires !

Le jeune William-Adolphe a été endoctriné par son oncle Eugène (connaisseur d’art) sur des sujets classiques et bibliques, mais c’est précisément ce parent qui est intervenu en faveur de l’éducation artistique de Bouguereau à plus d’une occasion. Quoi qu’il en soit, compte tenu du fait que tout art mettant en scène des êtres humains (spécialement des êtres humains nus) est “idolâtre”, il suffit de prendre ces images Vierges comme représentations d’une déesse mère blanche. Dans ce cas particulier, la beauté de ces œuvres d’art est ce qui compte vraiment.

Quoi qu’il en soit, Bouguereau s’adonne également à la création d’images exceptionnelles d’une nature très sinistre comme Dante et Virgile (1850) et Orestes poursuivis par les Furies (1862) l’indiquent clairement. Surtout dans l’ancienne peinture, on peut presque sentir le sang invisible. Il est à noter que Bouguereau a eu une vie tourmentée par la mort puisqu’il a dû assister au fil des ans non seulement à la mort de quatre de ses cinq enfants, mais aussi à celle de sa chère épouse Nelly, décédée des suites de maladie et de complications dues à ses grossesses difficiles.

Je n’ai pas écrit de biographie sur l’artiste en question cette fois-ci puisque l’information sur Bouguerau disponible sur Internet est complète et abondante (il a même un site Web qui lui est dédié), mais si je devais présenter Bouguereau à quiconque s’intéresse à l’art véritable, j’utiliserais les premiers mots de sa biographie sur le site de l’ARC écrit par Damien Bartoli, que je recommande vivement (si vraiment intéressé par le sujet) :

William Bouguereau (…) est sans conteste l’un des plus grands génies artistiques de l’histoire. Pourtant, au cours du siècle dernier, sa réputation et ses réalisations sans pareilles ont fait l’objet d’une attaque diffamatoire, malhonnête, implacable et systématique de proportions immenses. Son nom a été rayé de la plupart des textes d’histoire et lorsqu’il a été inclus, c’était seulement pour le dévaloriser et le dénigrer, lui et son travail. (…) celui qui fut sans doute le plus grand peintre de la figure humaine dans toute l’histoire de l’art. Ses figures prennent vie comme aucun autre artiste ne l’a jamais fait auparavant ou depuis lors. Il n’était pas seulement le meilleur peintre de l’anatomie humaine, il a su capturer les nuances les plus tendres et les plus subtiles de la personnalité et de l’humeur. Bouguereau a attrapé les âmes et les esprits mêmes de ses sujets comme Rembrandt (….). Rembrandt aurait capturé l’âme de l’âge. Bouguereau a capturé l’âme de la jeunesse.”

Pour en revenir à la question de la galerie, j’ai également écarté les tableaux où trop de tout-petits nus se font passer pour des “cupidons”. Je pense qu’à notre époque, montrer des enfants nus dans des œuvres d’art, comme l’a fait cet artiste, peut mener à des conclusions erronées. C’est une autre des nombreuses choses dont nous devons être “reconnaissants” à ce culte de la mort pédophile qui se répand comme la peste ces temps-ci sur ce qu’on appelle la toile noire. C’est pourquoi j’ai décidé de privilégier les images de femmes nues, ce dans quoi Bouguereau a heureusement excellé. Ses images de nymphes se situent entre l’érotique et le divin. Des peintures telles que des Champs de L’Etoile Perdue (1884) et Nymphes et Satyre (1873) en sont d’excellents exemples.

Les sommets inégalés de ses réalisations artistiques sont légendaires, mais il n’a jamais été satisfait de son travail. Sa recherche de la perfection l’a poussé sans relâche, comme s’il était possédé, à corriger et perfectionner sans cesse ses techniques, ses méthodes et ses visions. Aussitôt qu’il atteignit un nouveau sommet céleste de maîtrise poétique et technique, ce Sisyphe du 19ème siècle recommencera son ascension, alors qu’il poussera toujours plus loin le lourd fardeau de ses idéaux artistiques.” – de la biographie de l’ARC de Bouguereau.

Il faut aussi remarquer les peintures de Bouguereau sur la vie pastorale et la maternité qui sont tout simplement impressionnantes à voir. Parmi ces œuvres d’art, j’en citerai trois parmi mes préférées : Moissonneuse (1868) (j’adore ce profil et ces deux doigts posés sur le vase) et La Soeur aînée  (1869) si réaliste que j’ai cru que c’était une sorte de faux Photoshop, mais surtout Berceuse (Le Coucher) (1873) avec son thème mère et enfant.

Ce dernier tableau semble symboliser presque anthropomorphiquement la “naissance d’un nouveau soleil” (un thème très approprié cette saison), représenté évidemment par le bébé d’où provient la lumière centrale de l’image. Quand je vois cette lumière réfléchie sur le visage de la mère qui me fait presque suffoquer, c’est tout simplement Bouguereau à son meilleur. Je suppose que c’est un de ces moments où l’art devient plus qu’une simple représentation d’un sujet donné pour devenir quelque chose de transcendant, pour ainsi dire, à l’œil du spectateur.

Cela me ramène à mes pensées sur l'”idolâtrie” et pourquoi certaines religions universalistes ne veulent pas de représentations humaines de quoi que ce soit dans les œuvres d’art. Je suppose que ces représentations peuvent faire que l’on se sente trop attaché à sa propre race, et alors (Dieu nous en préserve !) pourrait vouloir la préserver. Cela semble être devenu une tendance quelque peu “verboten” de nos jours dans cette civilisation mourante de laideur, de médiocrité et de chaos dans laquelle de nombreuses créatures dégénérées prospèrent.

C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles l’art de William-Adolphe Bouguereau a été si systématiquement agressé et relégué à la poubelle de l’histoire de l’art peu après sa disparition, malgré sa renommée généralisée au XIXe siècle. Selon la biographie de Bartoli, il a fallu six générations pour découvrir, analyser et exposer les mensonges, les déformations et les erreurs qui ont servi à faire tomber Bouguereau et ses frères. Heureusement, tant que la condition humaine aspire à la beauté, l’art laissé par des peintres comme Bouguereau trouvera toujours, comme l’eau, un chemin vers la surface.

Références:
– Biography of William Bouguereau ARC
– William Adolphe Bouguereau’s Life and Legacy TheArtStory
– William-Adolphe Bouguereau website
– William-Adolphe Bouguereau Wikipedia

Thèmes historiques, mythologiques et religieux

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